"Sometimes games are dangerous"
C'est ce goût dans ma bouche qui m'a réveillé. Ce goût métallique qui s'insinuait entre mes lèvres. Ce putain de saignement de nez qui avait repris. Ma chemise couverte de tâches plus ou moins foncées. Dégradé chronologique, on pourrait dater les saignements grâces aux couleurs dispersées. Voici 19h30. Voici 22h. Voici actuel.
C'est un peu comme les tâches sur les draps.
J'entreprends de me lever, aller laisser couler le flot au dessus d'un évier. Et puis j'ai pas le courage d'attendre, je fous mon nez au dessus du premier récipient venu. Je pars m'affaler sur le sofa en attendant la fin de l'avalanche. Cascade serait plus correcte sûrement.
C'est une tasse à café. Pas étonnant ce type boit du café à longueur de journée. Et il déteste certainement ça en plus. On ne peut pas boire autant de café en faisant mine de savourer à chaque gorgée. Avec tous ces litres qu'il s'enfile, ce devrait être juste une mauvaise habitude. Il ne devrait même pas se rendre compte qu'il boit. Ouais, il déteste ça.
Mais bon, je fume et je déteste ça. Alors j'imagine que j'peux rien dire.
Je remarque un bracelet à mon poignet. Je me souviens avoir eu une montre, mais j'ai pas la moindre idée de ce que fait ce bracelet à mon poignet. Il y a un numéro noté à l'encre violette sur la paume de ma main. Ecriture de gonzesse, couleur de nana.
Penser à garder ce numéro au cas où ma montre serait avec ce téléphone.
Mon nez saigne toujours. J'ai entendu dire qu'un saignement non pathologique durait 3 minutes. J'ai l'impression d'être là depuis des heures. Je sens que je vais me vider sur le canapé de ce bouffon à la cravate verte.
De toute façon, ce canapé craint.
Il y a une fille en train de vomir dans les toilettes. Je me demande si "mon numéro" est toujours dans les parages.
Je ne sais pas où est mon téléphone. Mais je ne sais même pas où sont mes chaussures de toute façon. Sinon, je me serais tiré de ce trou à rat depuis longtemps.
Même si ce trou à rat est plutôt chic. Chic, mais d'un mauvais goût...
Et comme de plus en plus ces temps-c, je me demande ce que je fais là.